Soutenir des projets d’amélioration de la vie quotidienne au pays est une des caractéristiques de l’immigration de travail. Cette solidarité a revêtu diverses modalités et différentes formes, certaines organisées et d’autres plus informelles, certaines individuelles et d’autres collectives, pour l’essentiel à caractère privé.
Le soutien ainsi apporté se fait sur des bases d’entraide traditionnelle. C’est ainsi que depuis des décennies les immigrés ont aidé ceux des leurs restés au pays. La limite de cette forme de mobilisation est qu’elle porte sur des projets qui ne génèrent pas sur place une logique de développement, et ont donc un effet levier plutôt faible dans l’ensemble.
Aujourd’hui ces immigrés, retraités, représentent une population importante qui veut mieux faire. Davantage implantés dans les pays d’accueil, ils restent pour nombre d’entre eux attentifs aux difficultés de vie dans les régions ou villages d’origine et continuent à agir. Enfin, leurs enfants qui constituent les nouvelles générations n’entretiennent pas le même rapport à la terre d’origine. Ils ont besoin d’un projet et d’un mode d’action renouvelé, pour eux aussi apporter une contribution au développement des territoires de leurs parents.
Il apparaît très clairement qu’une évolution du rôle des associations communautaires est impérative, car ces modes d’actions sur ces sujets ont atteints la limite de ce que peuvent produire des solidarités mécaniques de type villageoises.
Aujourd’hui la demande exprimée est de pouvoir faire quelque chose de simple et d’utile pour son village, ou le village d’origine de ses parents. C’est une autre forme d’action pour la culture berbère, car en permettant à des hommes et des femmes de vivre et de se construire un avenir en pays berbère, c’est l’avenir de la langue et culture berbère auquel on participe à sa manière et à son échelle.
Pour favoriser ces évolutions et donner une plus grande efficacité à cet engagement, une association « Diaspora Solidarité et développement » (DSD) vient de voir le jour. Son but est d’accompagner et de soutenir le montage de projets, la recherche de leurs financements et leur mise en œuvre pour contribuer au développement local. Elle se donne également pour vocation de mobiliser des responsables associatifs bénévoles et quelquefois à la retraite, de se mettre en lien avec des spécialistes des projets de développement, en somme de qualifier et faire avancer le réseau associatif sur ces questions.
Par ailleurs les enjeux de co-développement seront à l’avenir essentiels par rapport aux politiques migratoires. De même, nombreuses initiatives et programmes nationaux, européens et internationaux d’appui au co-développement existent. Ils portent sur l’aide à la création d’activités, la mise en réseau pour avoir des partenaires socioéconomiques où le financement d’investissement pour améliorer par exemple l’accès à l’eau et chercher à réduire l’impact des sècheresses.
C’est aussi pour évoquer tous ces sujets que l’association « « DSD » organisera en automne prochain, à Paris, un premier forum des assemblées villageoise et des associations à vocation humanitaire et solidaire. Au programme sont prévus des tables rondes sur l’organisation et le fonctionnement des associations, les aspects juridiques et financiers des montages de projets, des témoignages d’expériences, des projections de reportage et des expositions photos sur des projets réalisés ou en cours de réalisations...
Vous êtes responsable ou membre d’une association villageoise, ou tout simplement intéréssé pour développer et mieux financer des projets de co-développement dans votre région ou votre village, rejoignez nous