Salima Iklef est née à Marseille voici plus de trente ans. Depuis sa tendre enfance, elle éprouve une réelle attirance pour la danse classique. Une magie qu’elle retrouve aussi dans les danses berbères de femmes qu’elle regardait avec fascination.
Une maîtrise de sciences éco en poche (pour rassurer ses parents), Salima se consacre totalement à sa passion : la danse.
Il y a une dizaine d’années, elle créé son école de danse et les Ballets Gouraya (troupe amateur de danses traditionnelles berbères). Elle est également à la tête depuis 1998 d’une compagnie de danse professionnelle.

Toujours entre deux rives, elle créé une nouvelle façon de danser ! Une fusion entre ses deux cultures qui lui tiennent tant à cœur. « Voilà pourquoi il n’est pas surprenant aujourd’hui de retrouver cette femme piqunate et douce à la fois » A. Allard, La Provence.
Pour enrichir cette belle alchimie, Salima a aussi suivi une formation complète.
Danse Jazz à l’Ecole des Chartreux, mais aussi avec Reynald Desire.
Danse contemporaine avec Daniel Agesilas au théâtre national de l’Opéra de Paris.
Danse classique avec Alyocha Ponziewitch du théâtre de l’Opéra de Wien.
Une danse de caractère...
Vouloir savoir d’où l’on vient pour savoir qui l’on est et se réaliser.
La base de la technique de cette nouvelle danse est kabyle. Les pas que Salima emprunte sont issus des danses berbères d’Algérie (kabyles, chaouies et touaregues).
Elle y associe en toute harmonie et élégance les pas de danse académique. On y retrouve ainsi, pas de bourrée, grands écarts, déboulés, échappées...
Entres ses deux cultures, Salima ne choisit pas : elle les unit, les relie, les enrichit l’une et l’autre de sa personnalité. Un trait d’union qu’elle traduit par une chorégraphie très originale. Un choix très audacieux lorsque l’on sait que, dans la tradition berbère, la femme ne s’exprime pas sur scène. Grâce à cette belle fusion, elle permet à la danse berbère de s’inscrire comme une écriture chorégraphique dépassant les frontières de la tradition.
Cet attachement à sa culture et sa démarche de réappropriation de sa mémoire ont conduit Salima IKHLEF a la création d’un spectacle LA KAHINA, en 2001
Héroïne du VIIè siècle, la Kahina, reine berbère dont le territoire s’étend du Nil à l’Atlantique, est devenue le symbole de la résistance et de l’unité de tout un peuple, un personnage mythique et légendaire auquel on prête toutes sortes d’exploits.
La Kahina, fille de Matyia, chef des Jrawas -célèbre tribu héritière de la dynastie Massyle- lui a enseigné l’art de la guerre comme il l’aurait fait à un fils. Elle est devenue l’élue de Dieu et maîtresse des génies de la terre. Ces derniers lui ont conféré des dons de prémonition et de magie. La Kahina, une femme dans un monde d’hommes a réussi non seulement l’union des différentes tribus berbères mais a également repoussé les envahisseurs de l’époque hors de ses terres pendant plusieurs années.
Pour clôturer l’année 2006, Salima IKHLEF a donne rendez vous à tous les amoureux de la danse et de la culture berbère le samedi 4 juin, au Théâtre le Moulin à Marseille, en présence d’une centaine de ses élèves de tous âges qui ont dansé aux rythmes des musiques berbères et métissées et dans un déploiement de gestes et de couleurs qui ont suscité l’admiration du public.