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Le détail du trafic de drogue à Nador, dans le Rifpar l’Association du Rif, selon un rapport de l’association pour les Droits de l’Homme (ARDH).



Une commission composée de gendarmes a été observée par les nadouris sur le lac de Martchica (la corniche de la ville de Nador) en train de filmer (photos et vidéo) les zodiacs se trouvant sur le lac. De même, la police a arrêté dans une boite de nuit de la ville une personne avec une quantité de cocaïne sur lui. Ces opérations des sécuritaires sont l’effet direct de la lettre qui avait été adressée, il y a trois semaines, par l’Association du Rif pour les Droits de l’Homme (ARDH).

Dans cette lettre,rendue publique il y a trois semaines, l’association du Rif pour les Droits de l’Homme (ARDH), présidée par Chakib Al Khayari, souligne que le trafic de drogue à Nador a « atteint des niveaux préoccupants » et dont les principaux victimes sont les adolescents. La lettre précise que l’impunité sous laquelle agissent les trafiquants de drogue en plein jour (dans la rue et les bateaux qui partent depuis le lac Martchica) a fait « qu’on a perdu tout espoir dans les autorités et les forces de sécurité au niveau local pour résoudre les problèmes dont souffre la région... ». Ce qui aggrave ce phénomène et le rend plus difficile à résoudre, précise la lettre, « c’est la réussite de ces réseaux criminels à s’infiltrer dans les centres de décision politique dans le pays. Et ce, à travers leur accès au parlement (avec ses deux chambres). Mais aussi grâce à l’assentiment de la majorité des partis politiques nationaux. Les réseaux de trafic de la drogue participent à la création, par leur argent, des sections de ces partis sur le plan local ». Lettre a également attiré l’attention sur le trafic de la drogue au sein de l’institution pénitentiaire : « la drogue est commercialisés à grande échelle, même au sein de l’institution pénitentiaire sous le regard de tous : prisonniers, visiteurs, responsables... Sans parler des conditions de confort mise par la direction à la disposition des barons de la drogue et de leurs protégés. En plus, de nombreux de leurs miséricordieux marchés se passent dans les meilleures conditions avec la complicité flagrante des responsables ». Les responsable de l’ARDH disent avoir recouru au Roi « après avoir complètement perdu tout espoir dans les autorités et sécuritaires au niveau local ». Pour faire les choses dans les règles de l’art, ils sont en train de rédiger un rapport sur la prolifération et le trafic de la drogue qui sera publié prochainement, nous a déclaré le président de l’association, Chakib Al Khayari. Déjà, le projet de ce rapport, que nous avons pu consulter, montre l’ampleur de ce phénomène dans la région. Il est souligné dans ce document qu’il y a sur le lac de Martchica plusieurs bases de départ des zodiacs transportant la drogue vers l’Europe :
-  La zone d’Atalion, limitrophe de l’ex siège de la société Maroste pour l’élevage du poisson, là il y a au moins 15 barques.
-  La zone située entre le Village Centre et Al Mohandiss. Dans cette zone le document relève l’existence d’environ 200 zodiacs répartis en plusieurs groupes.
-  La zone Bouaârak et plus précisément El Mallah où se trouvent entre 10 et 15 zodiacs.
-  La zone Boucana où il y a aussi quelques barques. Selon les données de l’association les cargaisons de la drogue qui partent du lac proviennent de la région de Kettama (qui dépend de la province d’Al Hoceima). De grandes quantités de drogue sont acheminées de cette région par des véhicules sans papiers vers la région de Nador : Tamesman, Ben Tayeb, Ait Said, Al Aâraoui, Aghanghane, Bouaârek,... Selon les documents de l’association, le transport de cette matière ce fait, en général, à raison de 200 dirhams le kilogramme. Puis cette drogue est placée sur les zodiacs dont chacun transporte entre un et deux tonnes de stupéfiants. Ces barques, d’une longueur de 12 à 16 mètres , sont dotées de quatre moteurs (chaque moteur a une puissance de 250 chevaux). Les conducteurs de ces bateaux sont payés à environ 30 milles dirhams pour chaque aller-retour vers l’Europe. Une somme entre 60 et 100 millions de centimes, pour chaque bateau, est versée aux éléments sécuritaires impliqués dans le trafic pour garantir la sortie du bateau du seul point de sortie du lac, souligne le projet du rapport de l’ARDH. Ceci a été expliqué, en partie, dans la lettre adressé au Souverain et où il est souligné : « A Nador, il y a en face du siège de la préfecture et l’ex-siège du consulat d’Espagne, à quelques mètres, un lac nommé Martchica. Il constitue l’une des plus importantes bases de départ des barques dotés de plusieurs moteurs et qui servent au trafic de la drogue vers l’Europe. Ces barques passent par un point de contrôle qui se trouve sur le seul passage de ce lac... Ces barques, jusqu’à une date récente, partaient du lac par dizaines chaque jour, pas très loin du siège de la préfecture. Elles partaient souvent au milieu de la journée sous le regard de tout le monde et des pêcheurs qui travaillent dans le lac et dont les filets ont été souvent endommagés à cause du passage de ces zodiacs à moteur ». Ainsi, l’Association, créée à peine il y aune année, attire les projecteurs sur elle. Les média espagnols ont, cette semaine, publié le contenu de cette lettre et sollicitent le président de l’association, Chakib Khayari, pour plus d’informations. Ce dernier nous a promis la publication de la version finale du rapport dans deux semaines. I l manque au rapport quelques témoignages d’ex-trafiquants pour le finaliser ».

Chakib Al Khayari (00212)66056373

............................................... Le Reporter 2 Novembre 2006,N°388,Page 28

POLITIQUE

Brahim Mokhliss

Rapport de l’ARDH

 
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