Interview de Leïla Diri, Directrice adjointe de l’Association des Avocats et Juristes Franco Berbères
Leïla Diri est une jeune militante associative très active au sein du réseau citoyen des associations franco-berbères (CBF) depuis bientôt sept ans. Aujoutd’hui, elle se présente aux élections régionales sur la région Ile-de-France, soucieuse de défendre les intérêts et les préoccupations de nos familles. Découvrez le portrait unique d’une jeune franco-berbère passionnée par la culture de ses ancêtres et pleinement investie dans la vie citoyenne et démocratique de notre pays. Témoignage.
Quel est votre parcours (personnel, professionnel, associatif) ?
J’ai 27 ans, je suis une jeune franco-berbère originaire de Lyon. J’ai fait une partie de mes études à Lyon, un peu à Amiens et puis à Paris où je suis installée depuis plus de 6 ans.
J’ai fait mes premiers pas dans le monde associatif lorsque j’étais toute jeune avec l’association Awal Grand Lyon (membre du réseau de la CBF) où je prenais des cours de langue Berbère pour me préparer à l’épreuve du Berbère au Baccalauréat et puis de fil en aiguille je me suis impliquée en tant que bénévole active.
Un peu comme nos parents, je pensais venir à Paris pour un an ou deux comme disait Slimane Azem, et finalement je suis restée... Pendant mes études sur Paris, j’ai intégré la Coordination des Berbères de France en tant que bénévole, puis suis devenue la 1è salariée de l’association en 2005, en tant que "chargée de mission". Il y a deux années, j’ai rejoins l’Association des Avocats et Juristes Franco Berbères comme directrice adjointe. Je reste pleinement impliquée au sein de la CBF comme une des cadres du réseau, aux côtés de Yazid IKDOUMI, notre président.
Comment s’est passé votre entrée en politique ou plus exactement comment votre candidature a-t-elle été proposée ?
J’ai un engagement associatif et professionnel qui m’a conduit chaque jour a rencontrer des collectivités territoriales et des élus. Mon engagement au sein de la CBF m’a confrontée pendant six années à des situations où j’ai côtoyé de nombreuses personnalités politiques et des décideurs de la vie publique. Dans le cadre de mes responsabilités à la CBF, j’ai participé à plusieurs débats publics où j’ai pris la parole pour exprimer les préoccupations et les revendications de nos familles. C’est cet engagement passionné et ma motivation qui, je crois, ont été remarqué par des responsables politiques qui m’ont proposé de figurer sur une de leur liste ; proposition que j’ai acceptée, après concertation avec mes amis du monde associatif franco-berbère. J’ai tout d’abord sondé autour de moi, notamment les cadres associatifs de notre réseau qui sont déjà investis en politique soit au niveau local, soit au niveau régional, leur réponse était unanime : FONCER ! On entend beaucoup de critiques à l’égard de la classe politique mais les dernières listes relatives aux élections municipales ont montré que des hommes et des femmes de tous bords professionnels s’intéressaient à la politique. On dit beaucoup de choses des politiques et en travaillant avec eux, j’en saurai d’avantage et pourrais me faire ma propre opinion...
Quels sont les dossiers qui vous intéressent et quels dossiers défendrez-vous pour la culture berbère ?
Il existe différentes commissions auxquelles les conseillers régionaux sont affectés : aménagements et transports, formation et emploi, logement et ville, solidarité citoyenne, développement durable et environnement...Je suis intéressée par toutes ces thématiques mais j’avoue que j’ai une attirance particulière pour la politique de la ville ou encore la solidarité et citoyenneté. Quant aux dossiers pour la culture berbère, la CBF a un projet que toutes les associations qui la composent portent : celle de la Maison de la culture berbère. A l’instar d’autres communautés, nous aimerions que les Franco-berbères puissent avoir un lieu pour découvrir et faire découvrir leur culture et celle de leurs ancêtres. Autre grand dossier que j’aimerai porter, la mise en valeur de la langue berbère et de sa pratique.